Je ne rencontre personne dans les petites rues du village, personne. Ah, un cycliste passe au bout du chemin. Un chat, au détour de cette haie. Le vent souffle dans les peupliers derrière moi. –ll ne fait pas chaud-.

Ici des iris jaunes côtoient des clochettes bleues. Le jardin est bien entretenu, –et pourtant les volets de cette maison sont toujours fermés quand je passe, me dis-je-. Le ciel est gris, un rouge-gorge chante, je l’entends sans le voir, en écho j’en entends un autre –peut-être qu’il lui répond-.

J’arrive dans une rue un peu plus fréquentée par les voitures, le bruit d’une tondeuse, un chien aboie. Je tourne par le petit square aux arbustes fleuris. Devant ce pavillon moderne, deux petits citronniers encadrent la porte –je me suis souvent demandée si c’étaient des vrais ou non…- Un chiot est arrivé à leurs côtés, non loin du paillasson qui souhaite la « Bienvenue chez nous ». Je souris en voyant ce chiot qui semble de bonne humeur, immobile et pour cause… -pas très vivant celui-là- et je pense à elle.

La fenêtre de la boulangerie attire mon regard. Du pain attend la cuisson. D’autres cuisent –ça sent bon-. Des clients arrivent en voiture. J’échange quelques mots avec une ancienne connaissance.

Un chardonneret élégant chante, cela fait un moment que je n’en avais pas entendu et j’ai vérifié sur mon application qu’il s’agit bien d’un chardonneret. A nouveau un bruit de tondeuse, et des moineaux. –Brrr… ce vent frais… Oh, on dirait une éclaircie-. Mon ombre apparait lentement sur le trottoir. Je la distingue de mieux en mieux. Et là… Un tapis de jeu pour enfant… Je m’en amuse –c’est cocasse des routes sur la route-.

Je n’ai pas réfléchi au chemin, je me rends compte que je fais un grand tour –je n’étais sortie que pour déposer un document en mairie-. Au passage du pont rouge, quelques canards dans l’eau toujours haute depuis l’automne. Je réalise que cela fait un moment que je n’avais pas marché seule. –je suis un peu flemmarde quand je suis seule, surtout par ce temps pas très encourageant-. Je longe les champs. –Attention ici, au chien qui sort parfois du terrain de la maison isolée-. Je poursuis tranquillement sans dérangement.

Question ici, à droite ou à gauche ? Avec lui c’est plutôt par la gauche un peu plus long et qui arrive plus vite sur la grande route. Je choisis la tranquillité par la gauche. J’entends le champs d’un coq et ici pas un chat. Mais une poule –elle me fait rire, perdue, un peu bébête, elle tente de passer par un grillage. Pas un chat, ce n’est pas qu’une expression, d’habitude il y en a des dizaines… j’imagine différentes raisons de leur absence-.

J’ai rejoint le chemin qui longe la grand route et me ramène vers le village. Je ne résiste pas, je vais fouiner dans la boite à livres du quartier –Chouette celui-là je le prends, pas sure que l’histoire soit passionnante-, il n’a plus sa couverture d’origine. J’emporte cet objet vieilli qu’une main bienveillante a rafistolé, me disant que j’en ferai quelque chose.

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